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EPISODE 7 : LILA-ROSE - AU DÉTOUR D'UN RAYON
Ce mois-ci :
Episode 6 - 2e partie
Episode 6 : Lila-Rose - Pique-assiette ou prince charmant ?
Episode 5 : Lila-Rose - Telle mère, telle fille !
Episode 4 : La Saint-Valentin de Lila-Rose
Episode 3 : Le shopping cadeaux de Lila-Rose
Episode 2 : Lila-Rose joue les "wedding-planner"
Episode 1 : Lila-Rose revisite le style baroque

Quelle est votre collection favorite chez Cristal d'Arques Paris?



Episode n°7 : Au détour d'un rayon…

« Pourquoi faut-il tous les ans que Noël tombe le 25 décembre ? »

Une fois n’est pas coutume, à J-4, je n’ai acheté aucun cadeau. En priorité et quelques heures seulement, je dois trouver celui qu’une main innocente tirera au sort demain, lors d’un brunch entre amis – avant-goût de réveillon sauce fous rires. Mais Mathilde et Léonie en ont décidé autrement. Au menu de la première virée entre filles depuis des mois : la nocturne d’un grand magasin. Donc : l’inventaire des tendances 2008 par trois fashionistas aux petits cris perçants
(« j’adooooooooore ! »). Donc : des essayages loufoques qui nous font hurler de rire.


Mais, quand, au détour d’une paire de ballerines taille Bozo le clown, je tombe sur les chaussures auxquelles je rêve en décortiquant tous les magazines de mode, je reprends mon sérieux. MES escarpins à double boucle ! Ceux que toutes les icônes ont aux pieds depuis déjà un mois ! « Ils sont superbes ! Mais t’as vu la taille du talon ? T’as pas l’habitude, Lila… Tu vas pouvoir marcher avec ?
— J’ai dit que je voulais marcher avec ? »
Je m’assieds et défais mes lacets en moins de temps qu’il n’en faudra pour dégainer ma carte bleue si jamais ce 36 me va. Le temps s’est arrêté. L’instant est critique. C’est aussi le moment que choisit Mathilde pour arriver de nulle part en courant. « Lila ! Gaspar ! J’ai croisé Gaspar ! »
Lunettes noires et leur antivol sur le nez, Mathilde avance à pas de loup, dos courbé, dans le rayon « Déco d’intérieur ». Extraite d’un vieux film, Mathilde poursuit sa filature sans se faire repérer. Léonie et moi la talonnons. Après la grande allée décorée façon La Belle et la Bête de Cocteau – qui, soit dit en passant, me ferait ressembler à une princesse de conte de fées si j’avais été chaussée –, Math’ s’immobilise enfin. « T’es sûre que c’était lui ?
— À 99%, oui. Le 1% manquant, c’est parce qu’il ne m’a pas reconnue, moi, ta meilleure amie. Mais bon, il a de bonnes excuses : on s’est jamais parlé, et, surtout, je suis là incognito ! » répond-elle en abaissant ses lunettes. « Tu me fais pas confiance ? Tiens, regarde, il est là-bas ! Alors, tu vois ?
— Non, je le vois pas… Je vois rien. Tu me fais marcher. Et pieds nus, qui plus est ! Allez, on n’a rien à faire ici…
— Oh, et ce bracelet, quelle merveille !

On m’a toujours répété que la curiosité, comme la gourmandise, est un bien vilain défaut. Mais je ne me souviens jamais du dicton qu’après coup. Et là, quel coup bas ! Math’ connaît bien mon péché mignon, les bijoux, et savait pertinemment quelle allait être ma réaction. « Où ça ? » Trois rayonnages plus loin, au stand d’exposition Multimédia, Gaspar, le caméscope au poing et l’œil dans le viseur, est surpris de me voir apparaître dans son panoramique. « Souris ! Tu passes à la télé ! » s’esclaffe Léonie. Dans le dos de Gaspar, un écran plasma géant retransmet tout ce qu’il filme et renvoie une image de moi au sourire crispé. Gaspar me fait signe. Gros plan sur mes yeux. Je ne cille pas. À quatre pattes, les filles contiennent mal leur hilarité et s’éloignent en prétextant qu’elles doivent sortir du champ si elles veulent assister au happy end.

« Lila ? Qu’est-ce que tu fais là ? » Plus le temps de réfléchir à une mise en scène : je vais lui dire la vérité. « Gaspar ? Quelle surprise ! Et toi, que fais-tu ici ?» Je perds mes moyens dès le premier dialogue… « Lila ? Tout va bien ?
— Bien sûr ! Quelle question ! Je suis très, très heureuse de te revoir !
— Moi aussi, moi aussi… Mais… Lila, dois-je m’inquiéter de te retrouver en chaussettes au milieu d’un grand magasin ?
— Tu étais bien pieds nus quand on s’est rencontrés ! »
Excellente réplique ! Bon. Où ai-je pu oublier mes chaussures ? « Tu m’excuses une seconde ?
— Bien sûr. Je t’attends ici. »
Gaspar aurait pu prendre ses jambes à son cou, mais il ne bouge pas d’une semelle tandis que je reviens sur mes pas. Nulle trace de mes belles Converse mordorées. Je retrouve seulement les escarpins. Il faut que je prévienne les filles : Menu / Messages / Ecrire / Nouveau / « Converse introuvables ! Tu vas me le(s) payer ! » / Envoyer à / Répertoire / Mathilde / Envoyer / Confirmer… Qui a dit qu’il fallait moins d’une minute pour envoyer un SMS ? Ah, ça y est : « Message envoyé ». La paire de chaussures neuves à la main, je rejoins Gaspar, toujours très amusé, semble-t-il, par mes bouts de pieds rayés multicolores.
« Laisse-moi deviner pourquoi tu ne les as pas mises : ce ne sont pas les tiennes.
— Exact. Mais elles le deviendront si je…
Bip-bip, brrrrrrr-brrrrrrr… Mathilde a répondu illico texto : « T’inquiète, c’est moi qui les ai. Profite de ton prince charmant, Cendrillon. On reste dans le coin. » Super !
« Alors, quoi de neuf depuis le pique-nique ?
— Non ! Cette fois, c’est ton tour, Lila ! J’en ai déjà suffisamment dit sur moi. »
Ok. Important : ne pas parler boulot, ne pas parler boulot, ne pas parler boulot.

« Laly ? C’est vous ? »

C’est une blague ?! Où est la caméra cachée ? « Laly ? Oh, quelle coïncidence ! Si j’avais su que je vous croiserai ici ! Dites, ça tombe bien : vous avez vu ce qu’ils ont fait avec les produits Cristal d'Arques ? Il faut absolument que vous y alliez ! Vous avez un numérique avec vous ? Dommage. Faudra revenir. » D’un geste bienveillant mais autoritaire, ma boss m’attrape le bras et m’entraîne (ou me traîne, au choix) vers l’escalator. J’ai tout juste le temps de prendre Gaspar par la main pour l’inviter à rester près de moi.

©Armelle Tissier


©Armelle Tissier


©Armelle Tissier


©Armelle Tissier
« Voilà… C’est tout simplement ma-gni-fique ! Je veux une photo – vous la prendrez. Avec un claim très festive entertaining. Et un texte – un tout petit texte de rien du tout : une demie page, pas plus. Comme un descriptif, au verso. Ce sera notre carte de vœux, en interne. Et plus si affinités. Sur ce… Les sports d’hiver m’attendent. Si mes souvenirs sont bons, vous n’êtes pas en vacances, vous, entre les deux réveillons. Envoyez-moi donc la maquette. Dès qu’elle est prête – le 26, première heure. Je validerai par mail. Au revoir, Laly. Bon week-end. Et joyeux Noël. » Faux Pli tourne les talons et me laisse sidérée, toujours accrochée à la main de Gaspar.

« C’est vrai que c’est chouette, cette mise en scène ! C’est du Longchamp Folies, ça aussi ? En tout cas, ça y ressemble… » Je me retourne sur Gaspar, plus stupéfaite encore. « Comment le sais-tu ?
— Lila, ça a été un de nos principaux sujets de conversation, dans le Parc…» La question, c’est surtout : comment aurais-je pu oublier ? « Alors, que penses-tu de cette vitrine ? » Un énorme diamant, construit avec des centaines de verres à facettes noires Black Elegance, pivote au ralenti sur un sol de miroirs tandis que une gigantesque bouteille de champagne arrose éternellement une pyramide de Longchamp Folies Black & White. Ce stand est incroyable, les verres des nouvelles collections Cristal d'Arques reflètent tous les éclats de lumière : des néons et lustres du magasin aux guirlandes colorées dans la rue, en passant par les flashs admiratifs des clients et des passants…

La sculpture absorbe toutes les pensées, tous les regards émerveillés. Dire que je vais devoir faire un papier à propos de ce chef-d’œuvre ! Je ne suis pas sûre de pouvoir briller autant dans l’art de la rédaction !

Re-bip-bip, re-brrrrrrr-brrrrrrr… « Ton carrosse va bientôt se transformer en citrouille… » Mathilde a le chic pour me ramener à la dure réalité. Elle n’est pas la seule : « Il est 23h40. Le magasin va bientôt fermer ses portes. Nous invitons notre aimable clientèle… »
« Viens demain.
— Pardon ? » s’étonne Gaspar.
Je prends sa main puis un stylo dans ma poche et marque sa paume – douce, si douce – de mon numéro. « On déjeune avec mes amis, on déballe des cadeaux avant l’heure, on s’amuse comme des fous. Viens demain. Tu te rappelles de ce que tu as dit, tout à l’heure ? « C’est ton tour, Lila » Oui, à mon tour de devoir te quitter précipitamment, Gaspar. Mais pas sans te laisser une chance de me revoir. Parce que j’en ai très envie. Viens demain. S’il te plaît. » Je lâche sa main et les escarpins, qui tombent à ses pieds. Gaspar se penche pour les ramasser et j’en profite pour me dérober à ses yeux fascinants.

À quelques mètres de la sortie, mon portable bippe-bippe et brrrrrrre-brrrrrrre de nouveau. Cette fois, c’est un appel… de Mathilde. « Oui, j’arrive ! »
— Je sais ! Et surtout, ne te retourne pas : ça perdrait toute sa magie.
— Parce que recevoir tes messages pendant que…
— Ton futur cavalier ne te lâche pas des yeux, tu sais…
— C’est vrai ?
— Soit il est sous le charme, soit il veut s’assurer que tu es complètement folle : Lila, tu es en train de quitter le magasin en chaussettes ! »

A suivre ...



©MP

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